Michael Ruysschaert "C’est le moment pour le tourisme d'être un accélérateur autour de l'éco-responsabilité."

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Michael Ruysschaert, directeur de l’Office de Tourisme d'Avoriaz

Est-ce que tu peux nous présenter cette station ?

C’est une station très atypique parce qu'on est complètement enneigé à 1800 m et la mobilité se fait avec des chevaux. On a 100 équidés sur la station, ce qui est un peu la particularité d’Avoriaz. On a d'un côté une architecture très tranchée qui est classée et de l'autre une station où les rues sont des pistes de ski.

Parle-nous des premières heures du confinement. 

Comme pour tous mes collègues dans ce secteur là, ça a été particulièrement compliqué. On a 18000 personnes sur la station, on a des gens qui venaient d’arriver le samedi et qui étaient dans leur premier jour de ski. Le gouvernement n'a pas pris la mesure de ce que représente l’évacuation de 18 000 personnes en une journée. On a donc été dans une situation de complexité assez rare et de gestion au niveau de touristes très compliquée, que ce soit en tant qu hébergeur, office de tourisme ou remontées mécaniques. 

Comment avez-vous évacué la station puisqu’il n’y a pas de véhicules sur Avoriaz ?

C'est vraiment ça qui a été compliqué car une partie de la mobilité à Avoriaz se fait aussi via les télésièges ou les télécabines. On a donc pris quelques heures pour permettre aux gens de retrouver leurs véhicules et de progressivement partir. Beaucoup ne voulaient pas partir et d'ailleurs beaucoup sont restés quand même quelques jours, malgré les recommandations et malgré les obligations de confinement. 

Quel est le bilan finalement de cette saison ?

Sur les stations d'altitude, et c'est le cas d'Avoriaz et de beaucoup de stations en Maurienne et Tarentaise, il faut savoir que le mois d'avril compte beaucoup et le mois de mars particulièrement. Donc on estime avoir perdu 30 millions d'euros sur environ 128 millions, ce qui représente plus de 20% et un impact économique sur le territoire et au niveau de la station assez fort.

Est-ce que beaucoup d'événements organisés sur la fin de saison ont dû être annulés ?

Comme beaucoup de destinations, on essaie de faire vivre nos ailes de saison. Donc le gros du budget était effectivement orienté sur mars et avril avec une closing assez importante. La plupart de ces groupes ou de ces organisateurs sont compréhensifs mais malgré tout, il faut savoir que l'événementiel est en pleine crise, le tourisme est fortement touché par ce virus. a La gestion avec nos professionnels et nos aides techniques sur les événements a donc été mathématiquement compliquée.

Comment est-ce que vous vous êtes organisés à l’Office du Tourisme pour travailler en cette période de confinement ?

On a très vite fait le choix dans les heures qui ont suivi, de protéger le personnel. On a donc fait le choix du télétravail et avec une équipe assez jeune, on voit que les générations Y Z ont une facilité à travailler à domicile. Je suis vraiment surpris sur notre capacité de travail à distance. On arrive à être productif sans se voir depuis un mois et demi et à se projeter sur la suite. 

La communication de la saison d'été se prépare avec l'idée de mettre en avant les grands espaces et la nature ?

On est vraiment dans une dynamique pas tellement marketée puisqu’on ne propose aucun séjour qu’on appelle “pricing” qui fait venir les gens avec un tarif. On essaie d'être précautionneux par rapport à la situation. Notre idée est de surtout créer de l’évasion et de se rappeler que la proximité, que ce soit pour nos agriculteurs, l'économie locale ou le tourisme, permet de faire de belles choses. L’idée c’est aussi d'être très attentifs aux gens qui découvrent en ce moment, dans le confinement, la montagne. Ce qu’on espère c’est que le moment venu, que ce soit en mai, en juin ou plus tard, les gens auront envie de découvrir la montagne.

Quelle est la ligne notamment sur les réseaux sociaux pour ceux qui ont envie de rester connectés avec Avoriaz ?

Au niveau des études qui sont désormais lancées par Savoie Mont-Blanc et Rhône-Alpes Tourisme, c’est que les gens vont avoir besoin de sens et de revenir à l'essentiel, de re partager des choses en famille, mais à l'extérieur. Notre partis-pris c'est les micro aventures, c'est de dire que chaque journée peut être une aventure faites de choses vraies qui sont inspirantes et sur lesquelles on peut vraiment partager du souvenir. Notre ligne c’est d’éviter le tourisme de masse, de faciliter les gestes barrière parce qu’en altitude on est justement en capacité de pouvoir proposer des grands espaces. On pense que c'est vraiment la ligne directrice de ce qui va guider le tourisme dans les prochaines années. On dit toujours que le tourisme a beaucoup de résilience. Justement c’est peut-être le moment d’être une forme de vecteur, d'accélérateur autour de l'éco-responsabilité.

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