Sophie Vaginay "Nous avons mis en place l’aide aux entreprises Résistance Covid19"

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Sophie Vaginay, maire élu de Barcelonnette, conseillère départementale des Alpes-de-Haute-Provence et présidente de la Communauté de communes de l'Ubaye

Racontez-nous les premières heures après l'annonce du confinement.

Très vite après l'annonce du confinement nous avons mis tout le personnel de la mairie et de la Communauté de communes en télétravail et ensuite nous avons organisé ce qu'on appelle le plan de continuation d'activité qui consiste à maintenir des services publics indispensable à la population. Donc pour la Communauté de communes ça a été par exemple l'organisation du ramassage des ordures ménagères. On a donc cherché des équipements appropriés notamment des masques. On en avait une petite réserve qui a ensuite été réquisitionnée par le préfet pour le personnel soignant. C’est comme ça qu’on a donc organisé les services indispensable à la bonne marche de la collectivité. 

L’Ubaye c'est un secteur touristique avec des stations de ski. C’est d'ailleurs l'une des caractéristiques de la Communauté de communes car vous avez la compétence tourisme. Donc vous vous battez pour faire venir des touristes, mais là il a fallu demander à certains touristes de partir.

On n'a pas précisément demandé à des touristes de partir. Les services de l’ordre et de la gendarmerie ont un effectif qui est relativement réduit, à peu près une quarantaine de gendarmes pour tout de secteur qui va de Seyne à Barcelonnette, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Donc ça fait peu de monde pour filtrer et faire maintenir les règles du confinement. Certaines résidences secondaires se sont ouvertes. Mais je pense que l'ensemble des Ubayens et des résidents secondaires ont joué le jeu et sont restés confinés chez eux. Finalement le territoire a été peu impacté par l'épidémie.

Quels dispositifs ont été mis en place en faveur des personnes isolées notamment ?

C’est le CCAS de Barcelonnette qui s'en est occupé. On a donc identifié entre 130 et 180 personnes. C’est une population qui est ciblée car âgée de plus de 70 ans et vivant seule. On a mis en place un système d’appels hebdomadaires pour savoir si elles ont besoin de médicaments ou de courses. Et parallèlement nous avons une équipe de bénévoles qui s'est inscrite sur le service civique du gouvernement. Ils font office de coursiers pendant toute cette période.

Vous êtes également conseillère départementale. Quelles actions ont été mises en place par le département des Alpes-de-Haute-Provence ?

Il y a maintenant une bonne dizaine de jours, avec le département et la région puisqu’elle a la compétence économique, nous avons travaillé à la mise en place d’un fonds qui s'appelle résistance covid-19 et qui permet à chaque collectivité de mettre la somme de 1 € par habitant pendant que la région, le département et la banque des territoires mettent la même somme. Donc on multiplie par quatre la somme initiale, ce qui va être nécessaire compte tenu des demandes que nous avons déjà.

Est-ce qu’au niveau local de la Communauté de communes et de la mairie de Barcelonnette  vous allez mettre en place d'autres dispositifs d'aide pour les entreprises locales? 

Au niveau de la Communauté de communes, on travaille spécifiquement avec la Chambre de commerce et la plateforme Alpes Initiative pour mettre en place un autre fonds d’aide directe plutôt pour les toutes petites entreprises et les auto-entrepreneurs, avec les moyens assez limités la Communauté de Communes. On sait qu'on va avoir beaucoup de demandes et malheureusement l'inquiétude est de ne pas pouvoir servir tout le monde. 

Sur l'agriculture, il y avait eu la fermeture des marchés annoncée. Qu’en est-il du territoire de la Communauté de communes de l'Ubaye et comment est-ce que les agriculteurs ont pu s'organiser ?

On a mené plusieurs actions pour les producteurs locaux : le Maire de Barcelonnette qui est encore Pierre Martin-Charpenel (parce que je vous rappelle que le conseil d'installation du nouveau maire à Barcelonnette n'a pas encore eu lieu) s'est occupé de ce dossier. Il a donc obtenu auprès du préfet une dérogation et le marché de producteurs locaux a très vite pu être réinstallé dans la cour de l'école maternelle avec tout un système de sens pour que les gens évitent de se croiser. Toutes ces procédures à mettre en œuvre demandent du matériel et du personnel. La Communauté de communes a mis en place un service en ligne pour les producteurs locaux, une plateforme informatique numérique qui permet aux consommateurs de commander directement aux producteurs. Et ça fonctionne très bien.

Dernière question : comment relancer la saison estivale ? C'est une saison particulièrement  à Barcelonnette où habituellement il y a beaucoup d'événements. Quelle est votre stratégie pour l'instant ?

C’est le gros dossier sur lequel nous travaillons. Il y a des enjeux très important en dépensec. Pour le moment les événements ne sont pas à ce jour officiellement annulés. Donc les dépenses pour de gros événements comme le Festival des enfants du jazz qui chiffre à 150000 € ou ou le Championnat du Monde de VTT qui devait avoir lieu à Pra-Loup dont le budget représente plus de 150000 € sont engagées avec une très grande incertitude sur les recettes. Ces festivités et manifestations risquent d'être évidemment fortement impactés. On prépare en ce moment un plan de déconfinement au niveau des communes. On réfléchit donc à savoir si ces manifestations sont annulées au niveau touristique et à ce qu’on mettra en œuvre à la place. Et ensuite le plan de déconfinement concerne toutes les procédures d'accès. Il faut donc repenser les accès aux bâtiments publics à savoir la réouverture des écoles mais aussi la mairie, la médiathèque, l'école de musique...  Nous travaillons aussi avec Ubaye-Tourisme sur la réouverture des commerces, des cafés-restaurants, ce qu'on va pouvoir faire pour les aider dans cette démarche. On va d'ailleurs être force de proposition auprès de la préfecture pour qu’on soit dans le premier wagon de déconfinement. Sachant que possiblement il va falloir être réactif pour préparer des périodes de re-confinement. Il faut qu'on soit opérationnel dans la continuité et avoir le moins d'impact possible pour la population.

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