Dantès Dai Liang "En Chine, le gouvernement sait très bien s’occuper de ce genre de situation"

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Dantès Dai Liang, artiste français de Chine

Dantès Dai Liang est un artiste qui a des millions de fans en Chine. Comment se passe ton confinement ?

Je suis en Savoie, en Maurienne à 1100 mètres d’altitude dans la maison de mon arrière- grand-mère.

Raconte-nous un peu ta vie qui est assez incroyable. Tu es artiste et tu chantes en chinois, en mandarin. 

J'ai une carrière musicale en Chine donc depuis 2000, ça fait pile 20 ans et j’ai vécu 10 ans en Chine. J'étais en Chine au mois de janvier pour des concerts et j'ai dû rentrer en France pour un concert en Bretagne autour du 15 janvier. C'est à cette période qu'on a appris qu’il y avait le coronavirus et donc que la Chine commençait à fermer ses portes.

Quand tu étais en Chine au début du mois de janvier, on ne parlait pas encore de coronavirus ?

Pas du tout. C’est quand je suis rentré en France juste avant de faire ce concert en Bretagne dans une école de commerce où on enseigne le chinois, qu’on apprend par les médias chinois que le coronavirus sévit en Chine. On comprend tout de suite avec les organisateurs chinois de Bretagne que ça va être quelque chose de très dur et que c'est la catastrophe.

Qu'est-ce que ça t'inspire quand tu vois qu'on a confiné une partie de la Chine alors que c'est quand même un pays où tout est immense ?

C’est autour du 23 janvier qu’on entend dire que la ville de Wuhan va être confinée, rien que la province ça représente 50 millions de personnes. Ma première réaction c'est de penser aux gens qui sont confinés dans ces grands buildings de 40 à 50 étages. Ensuite j’ai pensé à la galère qui allait arriver quelques mois après en Europe.

On voit beaucoup sur les images des télés chinoises et puis peut-être dans les pays voisins d'Asie le port du masque. C'est quelque chose qui est rentré dans la culture, ce qui n'est pas notre cas en France. 

Tout à fait, quand je vais à Shanghai parce que c'est une grande ville où il y a une pollution qui est supérieure à ce qu'on a en France, c'est tout à fait normal de porter un masque. Par exemple, je jouais tous les samedi après-midis à Shanghai au foot avec des amis et on mettait des masques parce qu’il y avait des pics de pollution. Je mettais aussi des masques quand j'avais une grippe ou quand j'étais très enrhumé. 

En France cet état de confinement va créer vraiment des difficultés d'un point de vue économique. Est-ce que les chinois ont la même difficultés ou finalement le fait d'être un pays devenu extraordinaire en matière de production et d'industrie les met à l'abri d'une crise économique ?

Il y a des milliers de gens qui habitent dans des camphouse, ces grands buildings, et le gouvernement sait très bien s’occuper de ce genre de situation. Il n’y a donc jamais eu de pénurie alimentaire, le gouvernement s'occupait de livrer les gens en nourriture et en médicament. Au niveau professionnel, de la musique par exemple, il y a eu 20000 événements annulés dès fin janvier. Les événements gouvernementaux ont été rémunérés. Puis il y a eu un rebond. On m’a conseillé de lancer un projet participatif de mon nouveau disque. Une sorte de solidarité s'est mise en place où tout le monde avait envie de faire circuler l'argent. 

Parle-nous de ta carrière avec des passages télévisés à 10 ou 100 millions de personnes qui te regardent.

Par exemple le dernier concert de j'ai fait en Chine a rassemblé 3000 personnes. 

J’ai récemment participé à une chanson pour remercier le personnel soignant sur la CGTN française qui a été diffusée dans le monde entier avec déjà 400 millions de téléspectateurs.

Pour ceux qui ne connaissent pas la musique chinoise, tu fais quoi, de la pop chinoise ?

Je fais de la french-mando c’est-à-dire que je chante en chinois mais la mélodie et le style sont plutôt français.

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