COVID : Les nouveaux tests sérologiques à partir de la semaine prochaine dans les Alpes Maritimes

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Françoise DUHALDE-GUIGNARD est biologiste et conseillère départementale. Mobilisée dans le cadre de la crise sanitaire, elle fait le point sur les méthodes de dépistage et les actions du Département des Alpes Maritimes

L'activité des laboratoires de prélèvement en pleine évolution.

Le secteur de la biologie médicale est très impacté par la baisse d'activité avec des mesures de chômage partiel qui ont été mises en place. Nous pratiquons le test de Covid 19, en test drive, c'est le test direct par prélèvement dans le nasopharynx de nos patients. Avec un gros coton tige dans le nez, il faut aller assez loin pour avoir une bonne quantité de virus c'est très désagréable pour les patients.

Les tests ne se font que sur ordonnance, nous avions un problème d'approvisionnement en tests, nous avons réservé d'abord les tests aux personnels soignants, aux gens hospitalisés, et à ceux présentant des symptômes et des facteurs de risque importants. Nous avons une monté en charge progressive de l'approvisionnement donc les médecins envoient aussi des patients plus jeunes ou n'ayant pas de symptômes importants pour l'instant.

De nouveaux types de tests.

Actuellement avec les tests directs, nous avons 20% de « faux négatifs », c'est à dire de sujets qui sont infectés mais qui ne sont pas détectés par les tests . D'autres sont non concluant donc douteux, car nous n'avons pas le recul suffisant pour savoir s'il s'agit de gens qui sont en fin d'infections ou de problèmes techniques. Nous manquons encore de connaissances autour de ce sujet, et c'est en pratiquant un grand nombre de tests que nous allons approfondir nos connaissances de la présence du virus dans les organismes.

C'est en pratiquant un grand nombre de tests que nous aurons le recul suffisant. On en est à plusieurs milliers de tests par jour, on a donc une vraie connaissance de la prévalence du virus dans la population et ça nous donne un tableau de plus en plus précis.

A partir de la semaine prochaine, nous allons mettre en place les tests sérologiques qui nous permettront de voir les patients qui sont en contact avec le virus et en particulier ceux qui sont guéris. Nous cherchons par prise de sang les anticorps, il y en a deux types :

- les IGM qui sont les anticorps qui apparaissent précocement, et qui sont présents même pendant la phase d'infection.

- les IGG qui apparaissent tardivement et qui sont le marqueur de la guérison et de la protection.

Cet tests s'adresseront à la population générale car il est important de savoir qui est protégé et qui ne l'est pas. Pour le déconfinement, c'est la combinaison des tests directs, des test sérologiques et du port du masque qui mettront en sécurité la population.

Pour la mise en place de ces dispositifs dans nos laboratoires, il faudra des filières d'analyses dédiées ainsi que des salles de prélèvements dédiées. Les recherches par tests directs ne se font déjà pas dans le laboratoire, les patients ne rentrent pas, c'est nous qui nous équipons et prélevons à l'extérieur.

Le Département 06 s'est mobilisé dés le début de la crise sanitaire.

Dans mon canton de Le Cannet-Mougins, on a distribué dans les Ephads, les services d'aide à domicile et les résidences autonomie 15000 masques, 300 litres de gel hydroalcooliques. Pour le SDIS, 77000 masques ont été distribués.

Nous sommes en train de sélectionner un fournisseur pour des tests sérologiques à grande échelle.

Ecoutez l'interview complète en Podcast.

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