Corentin Hassmann, commandant du PGHM des Alpes-Maritimes "Notre boulot pendant la crise : actions de prévention et de soutien à la population"

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Capitaine Corentin Hassmann, commandant du PGHM des Alpes-Maritimes

Pouvez-vous nous présenter votre unité le PGHM ?

Le peloton de gendarmerie de haute-montagne des Alpes-Maritimes assure le secours en montagne sur l'ensemble du département avec la CRS des Alpes, donc les policiers. Nous sommes composés de 10 spécialistes en haute-montagne brevetés donc 2 gendarmeries auxquelles viennent s’ajouter 3 gendarmes adjoints volontaires. 

Bien évidemment, vous n’êtes pas confinés, mais depuis le début du confinement et de manière plus générale depuis le début de cette crise sanitaire, qu’est-ce qui a changé dans votre manière de travailler  ?

Concrètement on a de la chance de ne plus effectuer de secours en montagne depuis le début de la crise, ce qui montre un certain respect du confinement. La mise en place a été assez difficile pour l’ensemble des Français, donc notre boulot s'est plus recentré sur des missions au profit des compagnies de gendarmerie du département et du Groupement c’est-à-dire le chef de tous les gendarmes du département, mais aussi des actions de prévention et de soutien à la population. 

On détaillera ces actions dans un instant. Au début du confinement il y a eu une première phase de rappel des règles, est-ce que le confinement est maintenant bien respecté en particulier sur votre zone le haut-pays des Alpes Maritimes ?

La mise en place a été quelque peu difficile sur l'ensemble du territoire mais aussi pour les montagnards. 

Vous avez fait passer des messages ? Vous avez verbalisé ? Quelle a été votre mission à ce moment-là ?

On a communiqué dans le temps en fonction des annonces du gouvernement à la fois sur la prise de conscience de la nécessité de ne pas encombrer les hôpitaux par des sur-accidents en montagne, mais aussi sur le respect de la zone dite de un kilomètre à proximité du domicile lorsqu’elle a été mise en place. Globalement on a eu de la chance ici en montagne, d’avoir une population assez réceptive à nos messages. 

Il y a eu beaucoup d'incompréhension sur le fait de ne pas partir en randonnée en montagne, beaucoup d’auditeurs ont témoigné à ce sujet. L’idée c’est justement de ne pas sur encombrer les hôpitaux. 

Oui c’est l’idée principale. Personne n’est à l’abri, quelque soit son niveau, de se fouler une cheville ou autre en montagne. Ce qui est important c’est que c’est une période transitoire de crise sanitaire qui implique le besoin de mobilisation de l’ensemble des Français, et à ce titre des Français qui habitent à proximité des massifs montagneux et des sports nautiques. On peut faire l’assimilation entre ces deux pratiques de plein air. 

Vous faites désormais des patrouilles dans les hameaux retirés. Quel est le but de ces patrouilles ?

Concrètement il y a beaucoup de hameaux retirés sur l’ensemble du territoire des Alpes Maritimes et des Alpes en général. D’autant que dans ces vallées il y a beaucoup d’anciens qui peuvent se sentir isolés vu qu’ils n’ont plus accès à leurs petits-enfants. Seuls leurs enfants peuvent venir les voir. L’idée est tout en respectant les mesures de distanciation sociale, d’aller au contact et de savoir s’ils ont des besoins particuliers. Et en parallèle, l’intérêt est aussi de veiller aux habitations vides de ces hameaux. Par exemple les vacheries du haut-pays sur lesquelles on patrouille régulièrement où il y a par exemple des portes ouvertes au vent. Cela nous permet de faire preuve de citoyenneté en les refermant et d’ainsi veiller aux biens des habitants lorsqu’ils pourront remonter chez eux et aux entrepreneurs de retravailler dans leurs estives. 

Vous craignez aussi des cambriolages sur ces territoires pendant le confinement et cette période de crise ?

Concrètement, c’est une crainte qui peut être justifiée sur l’ensemble du territoire national. En ce qui concerne ces hameaux isolés, il faut quand même s’y rendre. Nous utilisons par exemple des VTT à assistance électrique. Mais dans des hameaux complètement vides, certains pourraient penser agir en toute impunité. 

Est-ce que lors des vacances et des week-ends, vous avez dû verbaliser plus de résidents secondaires qui se rendaient notamment dans les stations de montagne ? 

C’est principalement le travail du Groupement des gendarmeries et des compagnies que j’ai évoqué plus haut. Ils ont en effet beaucoup communiqué sur le sujet dans les médias nationaux pour les Alpes Maritimes. Globalement il n’y a pas eu d’exode à proprement parlé pendant les vacances. 

Vous avez une page Facebook du PGHM. Est-ce un moyen de vous rapprocher des citoyens ? Vous avez même lancé un concours, vous pouvez nous en parler ?

En effet la présence sur les réseaux sociaux nous permet d’être plus proche des citoyens et des habitants. D’habitude nous communiquons plus visuellement avec des secours en montagne, des exercices assez complexe. Mais là le but est clairement d'apporter du contenu pour tous les citoyens qui sont confinés chez eux et qui ne peuvent pas assouvir leur besoin d'aller en montagne. On a donc lancé des vidéos de tuto, on fait part de nos astuces de montagnards et de secouristes. Et en parallèle on a lancé des occupations de vacances pour les familles et pour les enfants en ces temps difficiles de crise, afin de penser à autre chose. On a donc lancé un concours de dessin qui s’adresse à tous les enfants en dessous de 18 ans. Vous pouvez nous écrire. L'adresse mail et toutes les modalités sont sur la page Facebook, donc n'hésitez pas à aller la visiter. Et aussi sur cette période de vacances scolaires pour les Alpes-Maritimes, on a lancé des vidéo conférence avec les élèves du lycée de la montagne de Valdeblore et les jeunes adhérents de la FFME pour renseigner sur nos missions et leur apprendre quelques notions de la montagne. 

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