Claire Bon "Environ 40 % des exploitations en Savoie et Haute-Savoie pratiquent le circuit court"

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Claire Bon, chargée des circuits courts pour la Chambre d'Agriculture de Savoie et de Haute-Savoie

Parlons tout d'abord des types d'agricultures et des types de produits qui sont spécifiques aux deux départements savoyards. Est-ce que vous pouvez nous présenter cette agriculture ?

Les Savoies sont très connues pour les produits laitiers et les fromages. Mais il faut savoir qu’il y a un tas de filières qui sont représentées sur les deux départements avec de nombreux producteurs en fruits et légumes, viande et vin. Même si la région est emblématique pour ses fromages, il y a vraiment une grande diversité de productions au sein des Savoies. 

Évoquons ensemble les circuits courts. Ils sont presque devenus à la mode pendant cette période de confinement. Mais était-ce déjà le cas avant, dans les Savoies ?

Oui c'est déjà quelque chose qui est déjà bien développé ici avec une sensibilité des consommateurs. Au niveau des exploitations, environ 40 % des exploitations en Savoie et Haute-Savoie pratiquent le circuit court, à savoir un intermédiaire maximum, ça veut dire que c'est soit de la vente directe du producteur au consommateur, soit il y a un seul intermédiaire. Avec la crise actuelle, cela s’est encore plus développé. 

Je crois savoir que les supermarchés jouent pas mal le jeu de l'agriculture locale dans les lieux touristiques avec beaucoup de produits issus des Savoies. Est-ce que là aussi on rentre dans le cadre de la politique des circuits courts ou pas du tout ?

Oui parce que le supermarché va jouer le rôle d’intermédiaire dont je parlais. On a mené des actions au niveau de la Chambre d'Agriculture pour essayer de développer des débouchés pour les producteurs au sein des supermarchés locaux qui sont à proximité de chez eux. On a aussi essayé de sensibiliser les différentes enseignes de la grande distribution, tout en se rendant compte que de plus en plus, elles entament cette démarche de soutenir les producteurs. 

Parlons du site internet qui a donc été mis en place pour justement faciliter le circuit court.

On avait déjà un site qui est en quelque sorte un annuaire des producteurs qui vendent en circuit court et qui s'appelle Producteurs Savoie Mont-Blanc. On a cherché à le promouvoir d'autant plus en ce moment auprès des consommateurs pour leur montrer où sont les producteurs près de chez eux et qui peuvent leur vendre des produits en direct. Sur ce site, chaque producteur a une page où il décrit son activité, les produits qu’il vend et où on peut trouver ses produits. Ensuite les consommateurs peuvent rechercher soit par localisation ou soit par type de produits. 

Quels sont les autres projets pour développer les circuits courts en Savoie et Haute-Savoie ?

Ça regroupe aussi bien des projets avec des agriculteurs sur leurs exploitations, de travailler sur leurs magasins, de travailler aussi autour des magasins de producteurs parce qu'on voit que c'est quelque chose qui se développe aujourd'hui. On a 13 points de vente collectifs. Une de nos missions est également de développer les produits locaux dans les cantines, dans la restauration hors domicile ou encore de faire le lien avec des restaurateurs et des artisans pour qu’ils travaillent avec plus de produits locaux. C’est donc quelque chose de très large et il y a encore beaucoup de choses à développer.

Est-ce qu'on sait aujourd'hui ce que représente la part de l'agriculture locale dans la consommation globale des deux Savoies ?

C'est quelque chose qui fonctionne bien mais j'aurais du mal à vous donner quelque chose de vraiment chiffré. D'autant plus qu'en ce moment c'est en train de remonter et on espère que ça va se pérenniser après le confinement. On voit une volonté communes de la part des producteurs, des collectivités locales et des consommateurs de développer le circuit court. On n’est pas encore au maximum. Il faut savoir que les deux Savoies ne peuvent pas être un territoire autosuffisant sur toutes les productions. On a des fruits emblématiques avec les pommes et les poires, mais on ne trouvera pas certains autres fruits sur les Savoies. 

Pour conclure, un petit mot sur la filière viticole. On est inquiet en ce moment parce qu'il s'agit de pouvoir écouler le stock?

Oui, le vin est un produit qui se conserve par rapport à des produits frais. Mais certains viticulteurs qui vendent notamment au caveau sur leurs exploitations ou bien en stations vont avoir aujourd'hui plus de stock. La question va se poser au moment des vendanges de septembre-octobre, de savoir s’ils ont encore du stock et de comment ils vont pouvoir stocker les nouveaux produits qui arrivent. Ça va être très problématique. Les vignerons sont donc très impactés et il important de les soutenir en consommant du vin de Savoie tout particulièrement en ce moment.

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